Endométriose & Adénomyose : Les Vraies Différences (Et Ce Qui Les Relie)

Endométriose & Adénomyose : Les Vraies Différences (Et Ce Qui Les Relie)

La plupart des articles présentent l'endométriose et l'adénomyose comme deux maladies à départager, comme s'il fallait forcément choisir laquelle vous concerne. La réalité clinique est plus surprenante, entre 15 et 31% des femmes opérées pour une endométriose ont aussi une adénomyose, et l'inverse est vrai aussi, jusqu'à 28,6% des femmes opérées pour une adénomyose présentent en même temps une endométriose. Les deux ne s'excluent pas, elles cohabitent très souvent.

Ça ne veut pas dire que les distinguer ne sert à rien, au contraire, le traitement diffère selon la localisation exacte du problème. Voici ce qui les différencie vraiment, ce qui les relie, et où en est le diagnostic aujourd'hui, qui a beaucoup évolué ces dernières années.

Deux Maladies, Une Origine Commune

🔴 Adénomyose

Des cellules de l'endomètre s'infiltrent à l'intérieur du muscle de l'utérus, le myométrium. La maladie reste confinée à l'utérus lui-même, qui s'épaissit et grossit.

🔵 Endométriose

Des cellules de l'endomètre se développent en dehors de l'utérus, sur les ovaires, le péritoine, ou plus rarement d'autres organes.

Dans les deux cas, ce sont des cellules qui ressemblent à la muqueuse utérine qui se retrouvent là où elles ne devraient pas être, avec les mêmes réactions inflammatoires et les mêmes saignements à chaque cycle, simplement à des endroits différents. Cette parenté explique en grande partie pourquoi les deux maladies partagent autant de symptômes, et pourquoi la recherche récente se demande même si elles ne seraient pas deux expressions d'un mécanisme biologique commun plutôt que deux maladies totalement distinctes.

Ce Que Les Chiffres Récents Montrent

Une méta-analyse portant sur près de 200 millions de femmes à travers le monde a établi des chiffres de prévalence solides pour les deux maladies, dans la population générale comme chez les femmes symptomatiques.

Population Adénomyose Endométriose
Population générale Environ 1% Environ 5%
Femmes avec symptômes gynécologiques 41 à 49% 18 à 42%
Femmes infertiles Environ 31% Environ 38%

Ces chiffres confirment aussi que l'adénomyose n'est plus considérée comme une maladie réservée aux femmes plus âgées ayant déjà accouché, contrairement à ce qu'on lisait souvent il y a encore quelques années. Avec l'amélioration des outils d'imagerie, elle est de plus en plus diagnostiquée chez des femmes jeunes n'ayant jamais été enceintes.

Les Symptômes Qui Aident Vraiment À Faire La Différence

Les deux maladies partagent des douleurs pelviennes et des règles perturbées, ce qui complique le diagnostic à l'oreille. Certains signes orientent quand même davantage vers l'une ou l'autre.

Plutôt évocateur d'adénomyose

Une douleur concentrée pendant les règles elles-mêmes, des règles très abondantes et prolongées, et un utérus qui semble augmenté de volume à l'examen ou à l'échographie.

Plutôt évocateur d'endométriose

Une douleur qui peut survenir à n'importe quel moment du cycle, pas seulement pendant les règles, une douleur marquée pendant les rapports sexuels, et des troubles digestifs associés, ballonnements, constipation ou diarrhée.

Ces tendances restent des indices, pas des certitudes. Une étude comparant des femmes opérées pour une endométriose seule à des femmes ayant les deux maladies en même temps n'a pas trouvé de différence marquée sur l'intensité de la douleur globale, mais a observé des saignements plus longs et davantage de troubles digestifs chez celles qui cumulaient les deux pathologies.

🔗 Le Chevauchement Qu'On Oublie Souvent De Mentionner

Une étude américaine portant sur plus de 333 000 femmes diagnostiquées avec une adénomyose a trouvé qu'environ 18% avaient aussi un diagnostic d'endométriose. Chez les femmes opérées spécifiquement pour une endométriose profonde, ce chiffre grimpe encore, avec des taux de cooccurrence particulièrement élevés en cas de douleurs pelviennes sévères ou de troubles de la fertilité associés. Autrement dit, la question à poser n'est pas toujours "laquelle des deux j'ai", mais parfois "est-ce que j'ai les deux en même temps".

Le Diagnostic A Beaucoup Changé Ces Dernières Années

Longtemps, l'adénomyose ne pouvait être confirmée qu'après une hystérectomie, en examinant l'utérus retiré au microscope. Ce n'est plus le cas aujourd'hui, l'échographie transvaginale permet désormais un diagnostic fiable du vivant de la patiente, sans chirurgie.

Un groupe international d'experts, le MUSA, a établi des critères précis pour standardiser cette lecture échographique, en distinguant des signes directs, comme des kystes dans le muscle utérin, et des signes indirects, comme un épaississement asymétrique. Ces critères, révisés en 2022, ont considérablement amélioré la fiabilité du diagnostic par échographie, un examen accessible, non invasif et bien moins coûteux qu'une IRM.

Pour l'endométriose, l'échographie transvaginale et l'IRM restent aussi les examens de première intention, la coelioscopie n'étant plus systématique et réservée aux cas où l'imagerie ne suffit pas à conclure ou quand un geste chirurgical est de toute façon nécessaire.

Les Traitements Ne Sont Pas Interchangeables

C'est justement parce que la localisation diffère que les approches thérapeutiques ne se ressemblent pas entièrement, même si certains traitements hormonaux sont utilisés dans les deux cas.

Pour l'adénomyose, les recommandations canadiennes de 2023 placent le stérilet hormonal au lévonorgestrel en traitement de première intention pour la douleur et les règles abondantes, au même niveau que la pilule contraceptive. Les autres options, dienogest, analogues de la GnRH, embolisation ou chirurgie, interviennent en second recours selon la réponse au traitement initial.

Pour l'endométriose, le traitement hormonal reste central, mais la chirurgie conservatrice par coelioscopie garde une place plus importante qu'en adénomyose, notamment pour retirer les lésions les plus gênantes ou en cas d'infertilité associée, en complément de la PMA si besoin.

Quand les deux maladies coexistent, ce qui reste fréquent comme on l'a vu plus haut, le choix du traitement doit tenir compte des deux à la fois, ce qui rend l'avis d'un gynécologue spécialisé particulièrement utile plutôt que de traiter une seule des deux pathologies en ignorant l'autre.

Questions Fréquentes

Peut-on avoir une adénomyose sans avoir jamais accouché ?+

Oui, tout à fait. C'était une idée reçue tenace, mais l'amélioration des outils d'imagerie a permis de diagnostiquer l'adénomyose chez de plus en plus de femmes jeunes n'ayant jamais eu d'enfant. L'association avec la multiparité reste réelle statistiquement, mais elle n'est plus considérée comme une condition nécessaire au diagnostic.

Faut-il une hystérectomie pour confirmer une adénomyose ?+

Non, plus aujourd'hui. C'était vrai historiquement, puisque seule l'analyse de l'utérus après ablation permettait une confirmation certaine. L'échographie transvaginale, appuyée sur des critères diagnostiques standardisés, permet désormais un diagnostic fiable sans passer par la chirurgie, réservée aux cas les plus complexes ou en dernier recours thérapeutique.

Comment savoir si j'ai les deux maladies en même temps ?+

Seul un bilan gynécologique complet peut le confirmer, généralement une échographie transvaginale associée si besoin à une IRM pelvienne. Si vos douleurs ou vos saignements ne s'améliorent pas malgré un traitement bien suivi pour l'une des deux maladies, ça vaut la peine de demander explicitement si l'autre pathologie n'a pas été recherchée en parallèle.

Le stérilet hormonal fonctionne-t-il aussi pour l'endométriose ?+

Il peut aider à réduire les douleurs et les saignements liés à l'endométriose, mais il n'est pas positionné en première intention avec la même force que pour l'adénomyose dans les recommandations actuelles. D'autres options hormonales ou une prise en charge chirurgicale restent souvent nécessaires en complément, selon la localisation et l'étendue des lésions.

Deux Diagnostics À Envisager Ensemble, Pas L'Un Contre L'Autre

L'adénomyose touche le muscle de l'utérus, l'endométriose se développe en dehors, mais les deux partagent une origine proche et cohabitent bien plus souvent qu'on ne le pense. Le diagnostic ne nécessite plus systématiquement une chirurgie lourde, et les traitements de première intention diffèrent selon la maladie identifiée, avec le stérilet hormonal désormais recommandé en priorité pour l'adénomyose. Face à des douleurs ou des règles qui ne s'améliorent pas comme prévu, la bonne question n'est pas toujours "laquelle des deux", mais parfois "est-ce que les deux sont présentes".

Sources & Références

  1. Global prevalence of adenomyosis and endometriosis, a systematic review and meta-analysis. PMC. PMC: 12629041
  2. Guideline No. 437 (2023). Diagnosis and Management of Adenomyosis. Journal of Obstetrics and Gynaecology Canada. JOGC
  3. Harmsen MJ, et al. (2022). Consensus on revised definitions of Morphological Uterus Sonographic Assessment (MUSA) features of adenomyosis: results of modified Delphi procedure. Ultrasound in Obstetrics & Gynecology, 60(1), 118-131.
  4. Brunoro G, et al. (2026). Coexisting adenomyosis in endometriosis: Similar pain and quality of life, with longer bleeding and bowel symptoms. International Journal of Gynecology & Obstetrics. DOI: 10.1002/ijgo.70988
  5. Uterine adenomyosis, an update for GPs. British Journal of General Practice. BJGP
Retour au blog

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.

Les articles présents sur le site contiennent des informations générales qui peuvent comporter des erreurs. Ces articles ne doivent en rien être considérés comme des conseils médicaux, des diagnostics ou des traitements. Si vous avez des questions ou des doutes, prenez toujours rendez-vous chez votre médecin ou votre gynécologue.

NOS CULOTTES MENSTRUELLES

1 de 4